Africa/Marocco/Migrant

Sénégalais à Rabat : La Place Marchande du migrant

par Francesca Carbone

DSCF2931Pendant longtemps le Maroc a été considéré comme un Pays de transit pour le grand nombre des migrants subsahariens qui habitaient dans les principales villes de ce Pays: surtout dans l’imaginaire humanitaire il y avait l’idée de l’émergence de la transition et de la nécessite d’une intervention de soutien pour tous les gens qui passaient pour le Maroc avant d’entreprendre leur voyage vers l’Europe. Toutefois, c’était une construction plutôt simpliste que de penser que le seul Pays de destination rêvé par des africains qui postulent à la migration soit l’Europe; on peut parler d’une « fiction politique » mise en place notamment par des intérêts politiques croisés, à la fois de l’Europe, qui pouvait avoir sur l’autre rive des alliés à ses politiques migratoire, et du Maghreb, qui attendait les bénéfices de l’aide européenne.

Cependant, cette manière de voir les choses est aujourd’hui en train de semodifier: le monde des associations et les autres acteurs impliqués dans des projets au service des immigrés sentent de plus en plus le besoin de s’affranchir de la fiction du transit et construire une autre vision des migrations subsahariennes au Maroc, selon un point de vue qui prenne en considération la stabilisation.

DSCF2998Dans Rabat, le quartier de la Médina est le plus ancien: il est séparée du reste de la capitale par des murs d’enceinte qui s’ouvrent à proximité de les portes Bab El Had et Bab El Alou. Située dans le nord de la ville juste en face de l’océan, la Médina est constituée par un réseau des petits chemins et sentiers qui se grimpent parmi des anciennes maisons, des petits restaurants et des nombreuses boutiques d’épices, d’alimentaires, des vêtements jusqu’au « souk », le marché d’artisanat local. Évidemment il s’agit d’un centre du commerce et de circulation très important, qui attire beaucoup des gens, surtout des touristes.

La place de vente de Sénégalais, se situe dans ce quartier, mais juste hors les murs; plus précisément ils sont installés dans une partie où il n’y a pas plus des murailles qui séparent la fourmillante ancienne ville et la zone plus moderne.

On parle d’une zone de transit importante. Dans tous les moments de la journée, mais surtout en fin d’après-midi, la zone est fréquentée par nombreuses personnes: à part les touristes de différentes nationalités, on trouve les habitués des cafés, normalement des hommes marocains, des jeunes qui se promènent avec les amies et des familles. Ensuite, parmi ceux qui se trouvent là pour travailler, il faut nommer les agents de police, les commerçants qui ont une place fixe sur le trottoir, soit Marocains soit Sénégalais, les vendeurs qui font le commerce dans la rue avec des chariots ou des petites tables et tous les autres camelots, notamment commerçants des cigarettes, des jouets et des sacs en plastique. En général, l’atmosphère dans cet espace est très bouillante et le va-et-vient est continu; c’est la place que les vendeurs sénégalais que j’ai observé ont choisi pour faire leur commerce.

DSCF2891Pour ce qui concerne le contenu de leur commerce, chacun s’occupe d’un type de produit en particulier, notamment la femme vende vêtements, étoffes et crèmes médicamenteux originaires de son Pays, les deux frères vendent des portables, montres, parfums et bracelets pour hommes et les autres s’occupent des objets moins chers, parfois d’origine chinois, comme bagues, collier et bracelets en plastique, petit sac et étoffes. En observant la marchandise, on peut retrouver certains aspects spécifique de l’histoire personnelle de chacun, comme si le petit étalage où ils disposent leur richesse était un miroir qui reflet eux-mêmes. Ainsi, la femme, qui a rejoint son mari depuis seulement cinq mois, s’occupe des produits typiques féminins et notamment d’origine sénégalaise, comme a toujours fait dans son Pays ; par contre les plus jeunes ont fait le choix d’investir leur capital dans des produits pas trop chers soit parce qu’ils ne sont pas des experts de l’activité et ils espèrent encore de trouver le métier pour lequel se sont formés, soit parce

qu’ils projettent de quitter le Maroc pour partir en Europe ; finalement, les deux frères, qui sont à Rabat depuis longtemps et qui connaissent bien les stratégies du commerce, ont tenté plus, avec des produits plus chers, mais au même temps plus rentables.

Même s’ils appartiennent à des ethnies différentes, et donc leur langue maternelle n’est pas la même, pour communiquer entre eux ils utilisent le « wolof », une langue qui a aussi l’avantage de se parler sans se faire comprendre par les marocains. Ils m’expliquent qu’au Sénégal aussi, le « wolof» est parlé par la plupart des autochtones et il est utilisé par tous les médias et, en conséquence, il permet une communication répandue, encore plus efficace que la langue française.

Il n’est pas rare de voir des relations solidaires sur le lieu du travail : il n’y a pas de concurrence ou des sentiments d’envie DSCF2966vis-à-vis des collègues ; par contre, ils ont instauré une séries de pratiques collaboratives fondé sur la confiance réciproque. Par exemple, si quelqu’un a besoin de s’absenter quelques instants ou plus, il est évident que son voisin s’occupe de la vente, sans demander rien à la place. Encore, ils se couvrent les uns les autres quand ils ne veulent pas discuter avec les clients qui reviennent à réclamer un produit qu’il ne marche pas et donc ils se cachent pour ne se faire trouver.

Toutefois, l’attention dédiée au marchandage n’est jamais complète, parce que ce commerce est toujours menacé par des interventions policières ; la présence des vendeurs dans la rue, peu importe s’ils sont des Marocains ou des Sénégalais, s’ils vendent sur le trottoir ou s’ils sont des camelots, est interdite et « la Police du marché » est autorisé à évacuer la zone. Les agents qui s’occupent de ce lieu sont toujours les mêmes, un groupe de cinq policiers, tous Marocains, qui approchent de la cinquantaine, qui arpentent le trottoir fièrement avec leur matraques dans les mains ; ils crient des mots en arabe aux vendeurs et parfois ils essayent de détruire la marchandise qu’ils trouvent encore sur le sol. Quand ils ne sont pas en train de chasser les vendeurs, ils font des rondes tout atour de l’endroit où ils se retirent dans le Poste de Police juste à côté. Leur action s’adresse à tous les vendeurs, y compris les marocains. D’habitude ils font des tours de garde qui sont intensifiés dans l’après- midi, quand les commerçants sont plus nombreux, moment que les Sénégalais appellent « l’heure de la police ».

DSCF2990Leur place « en limite » de la Médina est, en réalité, en position stratégique et ils l’ont préférée en fonction des nécessités liés au travail. Il ne s’agit pas d’une imposition par la société marocaine, d’une condamnation à la marginalité, mais plutôt d’un choix prémédité et bien défendue par les Sénégalais mêmes.

Ils ont installé là-bas des importantes relations de réciprocité, soit avec les autres vendeurs marocains sur le trottoir, soit avec certains commerçants qui ont des boutiques juste à côté : les uns ont des intérêts et des avantages liés à la présence des autres et vice versa. En outre, le fait d’être parmi les peu qui connaissent le « marché de portables » dans la Médina, fait comprendre que les Sénégalais sont des habitués actifs de l’ancienne ville, même s’ils n’ont pas une boutique à l’intérieur. Finalement, même si la place de vente où ils se sont installés n’est pas légale, elle est sûrement légitime, parce qu’ils achètent chaque jour le consentement des agents de police.

On ne peut pas comprendre la position des Sénégalais dans l’espace qu’à partir de l’observation des transactions: l’échange marchande nous dévoile un réseau économique, commercial et surtout social dans lequel ils sont insérés.

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